Poème retenu - 6 Poèmes sur retenu
6 poèmes
Phonétique (Cliquez pour la liste complète) : héritaient héritant héritent héritions héritons rataient ratant ratatina ratatinai ratatinaient ratatinais ratatinait ratatinant ratatinas ratatinât ratatine ratatiné ratatinée ratatinées ratatinent ratatines ratatinés ratatinions ratatinons ratent ratina ratinai ratinaient ratinais ...
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Je
vous aime, ô jeune fille !
Aussi lorsque je vous vois
Mon regard de bonheur brille,
Aussi tout mon sang pétille
Lorsque j'entends votre voix.Douce
à mon amour timide,
Vous en accueillez l'aveu,
Mais sans qu'un rayon humide
Argente votre œil limpide,
Lac pur où dort le ciel bleu.Pourquoi
cette retenue ?
Entre nous rien de caché.
Enfant ! votre âme ingénue
Peut se montrer toute nue
Comme Eve avant le péché.C'est
un amour sans mélange
Que l'amour que j'ai pour vous,
Frais comme au cœur la louange,
Ardent à toucher un ange,
Pur à rendre Dieu jaloux.
Je vous aime, ô jeune fille !
Poèmes de Théophile Gautier
Citations de Théophile Gautier
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Plus sur ce poème | Commenter le poème | Imprimer le poèmeUne hirondelle en ses voyages
Avait beaucoup appris. Quiconque a beaucoup vu
Peut avoir beaucoup retenu.
Celle-ci prévoyait jusqu'aux moindres orages,
Et devant qu'ils fussent éclos,
Les annonçait aux matelots.
Il arriva qu'au temps que la chanvre se sème,
Elle vit un manant en couvrir maints sillons.
" Ceci ne me plaît pas, dit-elle aux oisillons :
Je vous plains ; car pour moi, dans ce péril extrême,
Je saurai m'éloigner, ou vivre en quelque coin.
Voyez-vous cette main qui par les airs chemine ?
Un jour viendra, qui n'est pas loin,
Que ce qu'elle répand sera votre ruine.
De là naîtront engins à vous envelopper,
Et lacets pour vous attraper,
Enfin mainte et mainte machine
Qui causera dans la saison
Votre mort ou votre prison :
Gare la cage ou le chaudron !
C'est pourquoi, leur dit l'hirondelle,
Mangez ce grain ; et croyez-moi. "
Les oiseaux se moquèrent d'elle :
Ils trouvaient aux champs trop de quoi.
Quand la chènevière fut verte,
L'hirondelle leur dit : " Arrachez brin à brin
Ce qu'a produit ce maudit grain,
Ou soyez sûrs de votre perte.
- Prophète de malheur, babillarde, dit-on,
Le bel emploi que tu nous donnes !
Il nous faudrait mille personnes
Pour éplucher tout ce canton. "
La chanvre étant tout à faire crue,
L'hirondelle ajouta : " Ceci ne va pas bien ;
Mauvaise graine est tôt venue.
Mais puisque jusqu'ici l'on ne m'a crue en rien,
Dès que vous verrez que la terre
Sera couverte, et qu'à leurs blés
Les gens n'étant plus occupés
Feront aux oisillons la guerre ;
Quand reginglettes et réseaux
Attraperont petits oiseaux,
Ne volez plus de place en place,
Demeurez au logis, ou changez de climat :
Imitez le canard, la grue, et la bécasse.
Mais vous n'êtes pas en état
De passer, comme nous, les déserts et les ondes,
Ni d'aller chercher d'autres mondes ;
C'est pourquoi vous n'avez qu'un parti qui soit sûr,
C'est de vous renfermer aux trous de quelque mur. "
Les oisillons, las de l'entendre,
Se mirent à jaser aussi confusément
Que faisaient les Troyens quand la pauvre Cassandre
Ouvrait la bouche seulement.
Il en prit aux uns comme aux autres :
Maint oisillon se vit esclave retenu.
Nous n'écoutons d'instincts que ceux qui sont les nôtres,
Et ne croyons le mal que quand il est venu.
L'Hirondelle et les petits Oiseaux
Poèmes de Jean de La Fontaine
Citations de Jean de La Fontaine
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